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Loi
SRU
Elle fait l'objet d'une publication au Journal
Officiel du 14 décembre 2000. Au-delà de sa disposition emblématique,
qui consiste à prévoir que chaque commune d'une certaine importance
devra accueillir au moins 20 % de logements sociaux, ce texte comporte
plusieurs mesures susceptibles de vous intéresser, que vous soyez
locataire, propriétaire, ou à la recherche d'un logement. Revue de
détails de ces nouveautés.
7 jours pour
réfléchir
Tout acquéreur d'un logement ancien disposera d'un délai de réflexion de
7 jours, après la signature de la promesse ou du compromis de vente,
pendant lequel il pourra se rétracter, sans aucune pénalité pour lui.
Cette disposition s'appliquait déjà pour l'achat dans le neuf, notamment
dans le cadre d'un achat sur plan ; elle est donc désormais étendue à
l'ancien. La loi nouvelle prévoit en plus qu'aucune somme ne pourra être
versée par l'acquéreur avant l'expiration de ce délai de 7 jours, sauf
si l'opération est négociée par un professionnel disposant d'une
garantie financière (notamment un agent immobilier) : mais dans ce cas,
si l'acquéreur exerce sa faculté de rétractation, les sommes devront lui
être impérativement remboursées dans un délai maximum de 21 jours à
compter du lendemain de la rétractation.
Interdiction des offres d'achat avec versement d'une somme d'argent
Toujours à compter du 1er juin 2001, seront interdites les offres
d'achat (parfois également dénommées "promesse unilatérale d'achat",
"promesse d'achat", voire même simplement "offre de prix") pour
lesquelles il sera exigé ou reçu de l'acquéreur un versement quelconque.
Cette disposition est destinée à mettre fin à la pratique d'enchères sur
la vente d'un bien, qui peut parfois favoriser une certaine spéculation.
Le
droit à un logement décent
Sont désormais insérées dans la loi du 6 juillet 1989 (celle qui
s'applique à la grande majorité des locataires hors meublés notamment),
des dispositions qui obligent le propriétaire à fournir à son locataire
un logement décent, répondant à des normes minimales de confort le
rendant conforme à l'usage d'habitation. Ces normes seront fixées par un
décret qui doit être publié avant la fin de cette année. Si le logement
ne répond pas à ces normes, le locataire pourra demander au propriétaire
la mise en conformité ; à défaut d'accord, il pourra demander
l'arbitrage du juge, qui pourra, le cas échéant, fixer les travaux à
faire exécuter. Si cela n'est pas fait, le juge pourra alors même
réduire le montant du loyer. Le tout évidemment, sans que cela remette
en cause le contrat de location en cours. Cette disposition sera
applicable dès que le décret précité aura été publié.
Favoriser la concertation locataires-propriétaires
Jusqu'à présent, la commission départementale de conciliation pouvait
intervenir pour régler les différents entre locataires et propriétaires,
en matière de hausse de loyer. Cette commission voit sa compétence
élargie au règlement des petits litiges individuels portant sur l'état
des lieux, le dépôt de garantie, les charges et les réparations
locatives. L'idée est de tenter de régler les problèmes sans avoir à
aller devant les juges. Rappelons que cette commission, composée de
représentants des bailleurs et des locataires, siège à la préfecture et
peut être saisie aussi bien par le locataire que par le propriétaire.
Protéger les locataires en cas de vente
par lots
Cette disposition concerne les locataires dont le logement appartient à
un bailleur dit institutionnel (du type banque, compagnie d'assurance,
mutuelle, …). Si un tel bailleur décide, dans un même immeuble, de
mettre en vente plus de 10 logements, et donne congé pour cela à ses
locataires, ceux-ci pourront proposer à leur bailleur de conclure un
nouveau bail d'une durée inférieure à celle normalement applicable,
c'est-à-dire 6 ans. Ce nouveau contrat devra être conclu au plus tard 4
mois avant l'expiration du bail en cours , lorsqu'il arrivera à
expiration, il sera résilié de plein droit. Jusqu'à présent, dans une
telle situation, les locataires avaient seulement le choix entre se
porter acquéreur de leur logement (ce qu'ils peuvent toujours faire) ou
partir. Ils ont désormais un choix supplémentaire.
Améliorer le fonctionnement des copropriétés
Plusieurs dispositions de la loi SRU visent à permettre un meilleur
fonctionnement des copropriétés. On signalera notamment la mise en place
d'une procédure simplifiée de recouvrement des charges impayées (avec
notamment la possibilité de saisir les loyers des
copropriétaires-bailleurs qui ont des dettes vis-à-vis de la
copropriété), l'obligation faite au syndic de tenir un carnet
d'entretien de l'immeuble (dont le contenu sera déterminé par décret à
paraître d'ici juin 2001), et enfin, l'obligation de mettre en
concurrence des entreprises au-delà d'un certain montant de travaux voté
par l'assemblée générale.
Congé
pour vente et loi Carrez
Sur ce point, la loi SRU met fin à une question qui était la suivante :
le propriétaire qui donne congé à son locataire afin de mettre en vente
son logement, doit-il mentionner dans ce congé, la superficie du
logement, dans les conditions de la loi "Carrez" ? Autrement dit, est-ce
une condition de validité du congé ? La réponse est enfin claire, et
elle est négative : le propriétaire qui donne un congé pour vente n'a
pas l'obligation d'indiquer dans ce congé la superficie du logement mis
en vente. Cette superficie sera donc mentionnée dans les actes qui
suivront, c'est-à-dire soit la promesse de vente, soit l'acte notarié.
Rappelons que la loi Carrez ne s'applique qu'aux logements qui sont
situés dans une copropriété.
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